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Témoignage sur les cuisines collectives
par Journal L'Attisée le 2018-05-15

J’ai été gênée de téléphoner. J’étais curieuse de savoir ce qu’était la cuisine collective en la voyant annoncée dans le dépliant d’un organisme communautaire.

Je voulais apprendre des nouvelles recettes et rencontrer des nouvelles personnes. J’ai appris à faire à manger à l’école et, à la maison, j’avais toujours le nez dans les chaudrons. J’ai travaillé dans un restaurant et plusieurs autres endroits à Québec.

Je savais que ce serait en groupe et ça me gênait un peu. Je me suis dit : si ça ne marche pas, je vais arrêter. Ça m’inquiétait de me faire juger parce que je ne savais pas tout. Si ne l’avais pas essayé, je n’aurais pas su ce que c’était. Moi j’ai toujours aimé faire la cuisine. Et, je ne regrette pas mon expérience.

La première fois, j’étais anxieuse de rencontrer le groupe. Je n’ai quasiment pas parlé, mais les autres m’ont tout de suite mise en confiance.

La cuisine collective, ce sont des femmes qui se réunissent deux jours par mois. La première journée, nous choisissons le menu et le nombre de portions que nous voulons emporter et nous les payons. Nous faisons l’épicerie à tour de rôle.

Le lendemain, nous cuisinons : nous faisons généralement 4 recettes, plus notre dîner commun. On se répartit les tâches, il y a une responsable pour chaque recette et on s’entraide toutes. Nous sortons les ingrédients et le matériel nécessaire. Nous commençons par le menu du dîner et les recettes qui nécessitent une plus longue cuisson.

Il faut bien sûr respecter les règles d’hygiène qui sont sévères dès qu’on cuisine en groupe : se laver les mains régulièrement, garder les outils et les plans de travail propres, ne pas porter de bijoux, couvrir les cheveux et mettre des gants pour arranger la viande.

C’est une bonne chose de faire la cuisine en groupe, on s’entraide beaucoup. C’est important de bien se nourrir, d’avoir des repas santé. Il ne faut pas se gêner, nous sommes toutes égales.

Le diner, toutes ensemble, est un bon moment pour échanger. Nous parlons de toutes sortes de sujets. Moi j’aime que ce soit confidentiel. Nous sommes toutes à l’écoute les unes des autres. Nous apprenons à être en groupe, ça brise la solitude. Elles m’ont fait confiance. Nous pouvons toutes nous tromper, même les chefs de restaurant se trompent. Je ne suis pas la seule qui a besoin de conseils.

Maintenant, je suis fière de montrer à mon entourage comment faire la cuisine, les personnes aiment mes repas.

Moi, ça me fait sortir de la maison. J’encourage les femmes à briser la solitude, pourquoi pas par la cuisine. Elles vont être fières. Ça vaut la peine. En groupe on s’entraide. Nous sommes toutes égales.

Moi, je ne regrette pas de m’être fait confiance, de me dire que je suis capable. Je n’ai pas changé d’idée. Je ne me suis pas mise au défi pour rien. Ça m’a appris à m’affirmer, à dépasser mes peurs. C’est une belle réussite.

Martine Blouin



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