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Un voyage à l’Oratoire Saint-Joseph
par Journal L'Attisée le 2018-08-01

Diantre, penserez-vous, comment peut-elle parler d’un « voyage » à l’Oratoire alors qu’elle a grandi à Montréal? Eh bien, quand on a à peine 6 ans, que ledit monument est situé dans un quartier éloigné du sien, que papa n’a pas de voiture et que le métro n’existe pas encore, une visite à l’Oratoire peut s’avérer sinon un voyage, du moins une expédition. Été 1959, nous sommes cinq marmots (en fait trois marmots et deux marmottes!) entre 9 et 2 ½ ans pendant qu’un autre pousse bien au chaud dans le giron de maman. Mes souvenirs sont vagues, j’ai du mal à me rappeler le trajet effectué. J’imagine notre petite troupe endimanchée se mettre en branle, certains de nous se tenant par la main. Distance considérable pour les petites pattes des deux plus jeunes, nous avons sûrement marché jusqu’à la rue Grenet pour y prendre le tramway. Cette année-là, celui-ci râlait sur ses rails ses derniers râlements. Il a sûrement fallu ensuite emprunter un autobus (ou deux, je ne saurais dire) pour finalement atteindre notre but. Comment ne pas être impressionné par la majesté des lieux, cet imposant temple se dressant sur le Mont-Royal. Pour l’atteindre, de longs escaliers à grimper mettent à l’épreuve notre persévérance, tout comme celle de nombreux pèlerins qui effectuent l’ascension à genoux… La modeste chapelle d’origine, la reconstitution de la chambre du frère André, les longs corridors à parcourir, la salle réservée aux béquilles des miraculés, la multitude de lampions et leur flamme vacillante tout cela frappait notre imaginaire. Puis, à l’extérieur, le monumental chemin de croix nous entraînait dans un magnifique parcours de verdure nous faisant oublier les rumeurs urbaines.

Il est certain que nous y sommes retournés en d’autres occasions et sans doute mes souvenirs de ces diverses visites s’entrecoupent-ils dans mon esprit. La photo de cet été 59 où nous sommes assis au pied d’une des scènes du chemin de croix a probablement contribué à garder vivant ces souvenirs. Chose certaine, lors de cette visite à l’Oratoire, nous ne pouvions imaginer qu’un jour, c’est-à-dire maintenant, notre grand cousin Claude en serait le directeur général…

Rachel Grou



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