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Mille feuilles - Feuilles de musique
par Journal L'Attisée le 2018-09-21

La musique constitue la trame de la présente chronique. Ou comment la musique des mots rend hommage à la musique tout court.

Madame Pylinska et le secret de Chopin * (2018) est un récit autobiographique d’Éric-Emmanuel Schmitt. Il y raconte la naissance de son désir d’apprendre le piano et, à un certain moment, de s’attaquer à Chopin... chez Chopin, le piano forme un monde, autonome, complet, sans portes ni fenêtres, l’instrument sensible, noble, docile, qui lui suffit à exprimer tout de l’âme. Un bel hommage à sa professeure de piano et à sa tante Andrée qui lui a transmis l’amour de l’instrument.

Grand amateur de Chopin et son piano, Schmitt est également admirateur de Mozart. En 2005, il a publié Ma vie avec Mozart. Sous forme de lettres qu’il adresse au compositeur, il souligne l’importance qu’il a eu dans son existence et comment il l’aide à apprécier les petits plaisirs.

Guerre et musique, on pourrait croire qu’elles sont incompatibles et pourtant... Voici trois titres démontrant les magnifiques pages qu’elles peuvent inspirer.

Le pianiste (réédition de 1998) de Wladyslaw Szpilman. Il s’agit du récit ayant inspiré le film éponyme de Roman Polanski ; on se rappelle l’émouvante performance d’Adrian Brody dans le rôle titre. Au 31 août 1939, tout Varsovie était persuadé depuis déjà un certain temps qu’un conflit avec l’Allemagne était inévitable. Inévitable aussi pour la plupart des juifs un destin tragique. Pourtant l’éminent pianiste réussira à se cacher, à survivre. On revit ici ses angoisses, sa résilience.

Andreï Makine est né en Sibérie et ses écrits sont teintés de ses origines. La musique d’une vie (2001) relate les souvenirs d’un vieux pianiste qui, en attente d’un train retardé par la tempête, revoit le film de sa vie. Je m’éveille, j’ai rêvé d’une musique. Un bref roman à l’esprit russe, où musique et guerre se côtoient dans un récit nuancé.

Durant le terrible siège de Sarajevo, un violoncelliste a un jour été témoin de la mort de 22 personnes qui attendaient en file devant une boulangerie. Pour leur rendre hommage, il décide de jouer à cet endroit, durant 22 jours, un concerto d’Albinoni. Steven Galloway s’est inspiré de cet événement tragique pour son roman Le violoncelliste de Sarajevo (2009). On y suit l’histoire de quatre assiégés dans la sordide réalité des snipers qui y semaient la terreur. Il n’y a pas si longtemps la promesse d’une existence heureuse semblait garantie. Une incursion dans un épisode dont on a beaucoup entendu parler mais qui ne nous est pas très familier.

*collection locale, bibliothèque Charles-E.-Harpe

Bonne lecture et bonne écoute!

Rachel Grou



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