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Les amis du Port-Joli vous informe - Les gardiens du Phare du Pilier-de-Pierre
par Journal L'Attisée le 2019-06-10

Les gardiens du Phare du Pilier-de-Pierre


La vie de gardien de phare sur l’îlot rocheux


Être gardien de phare demandait énormément de sacrifices et de bravoure. Imaginez que vous partiez à la fin de mars à travers les glaces menaçantes pour vous expatrier sur un rocher au large jusqu’à la fin de décembre. En plus de la responsabilité du maintien de la lanterne et de son optique en excellente condition pour qu’elle brille fortement dans la noirceur, le gardien devait entretenir les bâtiments, tenir un journal, etc. Nous tenons à rendre ici hommage à ces hommes courageux qui ont veillé à la sécurité de nos marins.


Charles Julyan (1843-1854)

Il a été le premier gardien du phare du Pilier-de-Pierre. Le 23 septembre 1853, Charles Julyan et Thomas Roche ont demandé la permission d’échanger leurs postes du Phare du Pilier-de-Pierre et de l’île d’Anticosti afin de les accommoder l’un et l’autre.


Thomas Roche (1854-1860)

Thomas Roche est devenu le gardien du phare du Pilier-de-Pierre en 1854. C’est donc lui qui a vu le naufrage du vapeur-voile Canadian le 1er juin 1857 sur la roche à Veillon.


Henry Harding (1860-1862)

Le 15 avril 1860, Henry Harding signait sa lettre d’engagement à E.-B. Lindsay de la Maison de la Trinité de Québec.


D. Vaughan (1862-1863)

C’est le gardien qui a fait la transition entre Henry Harding, qui a quitté ses fonctions en 1862, et Damase Babin, qui a commencé son gardiennage en 1863.


Pour ces quatre gardiens, les sources proviennent des archives de la Maison de la Trinité de Québec. Les gardiens suivants seront tous de Saint-Jean-Port-Joli.


Ignace-Damase Babin (1863-1874)

Le grand-père d’Ignace-Damase était Jean-Marie Babin, celui qui a fait construire la maison Babin-Couillard située à l’est de la rivière Trois-Saumons. Son père était Joseph Babin, navigateur et cultivateur, qui a construit la maison Babin-Ouellet que l’on voit en face de la halte routière sur l’avenue de Gaspé Ouest. Cirias Babin, le frère d’Ignace-Damase, est mort lors d’un naufrage sur les récifs de l’île aux Oies le 27 novembre 1845. Le barde Gabriel Greffard a écrit sur ce naufrage une complainte de 37 couplets intitulée « Les Trois Noyés de Saint-Jean-Port-Joli ». Damase Babin était pilote.


Louis-Damase Babin (1874-1901)

Ce fils d’Ignace-Damase Babin était agriculteur et avait hérité de la ferme de son père en face de la halte routière. Il l’a vendue à Georges-Auguste Ouellet, dont les descendants en sont encore les propriétaires. C’est sous son administration que le phare de la roche à Veillon a été construit en 1876. C’est lui aussi qui a fait transporter le canon du Pilier-de-Pierre en face de la maison de Saluste Fournier, en face de l’usine de Rousseau Métal à Saint-Jean-Port-Joli. Aujourd’hui, cette canonnade est située dans le Sentier d’interprétation maritime.


Georges-Octave Leclerc (1901-1912)

Georges-Octave Leclerc était cultivateur à la Demi-Lieue à l’est de Saint-Jean-Port-Joli. Deux de ses fils sont allés s’installer au Phare du Pilier-de-Pierre et il a engagé un autre gardien pour le phare de la roche à Veillon. Ainsi, tout le personnel de ces deux phares s’est trouvé changé. (Extrait de Les Gardiens de phare - Mémorial d’Arthur Fournier, conservé aux Archives de la Côte-du-Sud à La Pocatière, 1923).


Eugène Leclerc (1912-1922)


Eugène Leclerc a commencé à faire ses bateaux miniatures au Phare du Pilier-de-Pierre. Un changement de gouvernement lui ayant fait perdre son emploi, il est rentré chez lui et s’est mis à fabriquer des bateaux de plus en plus beaux. Même l’ancien président américain Franklin Roosevelt, dans les années 1930, arrêtait chez Eugène pour lui acheter un ou deux bateaux miniatures.


Jean-François Giasson (1922-1926)


Né à L’Islet le 25 septembre 1865, Jean-François a épousé Henriette Gagnon en 1891 à Saint-Jean-Port-Joli. Il a été cultivateur à l’est du village. Il a placé un de ses fils et un de ses beaux-frères comme gardien au Phare du Pilier-de-Pierre. Il est mort en 1935.


Antonio Bourgault (1926-1960)

Antonio Bourgault a obtenu le poste de gardien du phare à titre d’ancien combattant. Il était le frère des sculpteurs Jean-Julien, Médard et André Bourgault, les célèbres Trois Bérets qui ont fait de Saint-Jean-Port-Joli, la Capitale de la sculpture sur bois. Il a eu plusieurs adjoints, dont Julien Bourgault, Jean-Raymond Bourgault, Jean-Julien Bourgault, Léopold Dubé, Alphonse Bourgault, Sylvio Ouellet, Zéphirin Ménard, Médéric Leblanc, Prudent Daigle et ses fils Lucien et François Bourgault. En 1960, le phare a été automatisé et sa structure abandonnée jusqu’à sa rénovation par Les amis du Port-Joli qui en sont devenus propriétaires en novembre 2015.


Photo : La Patrie, 4 juin 1950
Georges-Octave Leclerc


Photo : coll. famille Leclerc
Eugène Leclerc


Photo : coll. Louis Giasson
Jean-François Giasson


Photo : coll. Pierre-Yves Bourgault
Antonio Bourgault et son fils François au sommet de la tour.



Photo : Fonds Jean-Julien Bourgault, Archives de la Côte-du-Sud
Mise à l’eau de la barque au printemps 1926 pour le départ vers le Pilier-de-Pierre.



Hommage au dernier gardien, symbole de l’arrachement d’un homme à son métier


Gardien de phare à la dérive

Il te faut vivre avec ton temps

Les nouvelles technologies qui te dirigent

Ne savent rien du mauvais temps


Ta vue était de calme, de houle

Et de mâtures de bateaux

Loin de la rive et de ses foules

On t’oubliait dans ton château

Tu habitais une carte postale

Tu vivais au milieu de l’eau

Loin des bureaux de capitales

On te remplace par un robot


Tous les marins étaient tes frères

D’un clin d’œil tu les saluais

Parfois tu enviais leurs galères

Longtemps des yeux tu les suivais

De ton vaisseau immobile

Ancré à jamais au rocher


On te remplace pour ton confort

Aussi pour ta sécurité

Ils disent que ce n’est plus une vie

Mais ta vie tu l’avais choisie

Tu as le cœur gros de laisser

Ce bâtiment dont tu es fier1

Inspiré du texte dédié au dernier gardien du phare de La Vieille, en Bretagne ; adapté pour Antonio Bourgault, le dernier gardien du Phare du Pilier-de-Pierre.

Tiré de Un feu sur la mer. Mémoires d’un gardien de phare, de Louis Cozan, p. 155-157, collection En Partage, Les Oiseaux de papiers.


Le mois prochain, les textes porteront sur les efforts pour la conservation du Phare du Pilier-de-Pierre.

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Jean Parent pour Les amis du Port-Joli



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