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Efficaces ou non, les oméga-3 dans la prévention primaire des maladies cardiovasculaires
par Journal L'Attisée le 2019-07-07


La consommation d’oméga-3 est largement répandue depuis deux décennies en raison de leurs effets protecteurs sur le cœur. Des études récentes remettent cependant en question leur efficacité.


Les oméga-3 sont essentiels au développement et au bon fonctionnement du corps humain. Nous sommes incapables de les produire, il faut donc aller les chercher dans notre alimentation. L’acide eicosapentaénoïque (EPA) et l’acide docosahexaénoïques (DHA), aussi appelé acides gras oméga-3 à longue chaîne, sont présents dans les poissons gras (saumon, maquereau) et dans les huiles de poisson. Le 3e type d’oméga-3, l’acide alpha linolénique (ALA), se trouve dans les graisses provenant des végétaux : les graines de lin, le chanvre, le canola et les noix.


Des études récentes remettent en doute les bienfaits des oméga-3. Les résultats des recherches démontrent que les suppléments EPA\DHA ne réduisent que légèrement les triglycérides (triglycérides élevés accroît les risques cardiovasculaires). Ils n’auraient aucun effet cependant ou très peu sur la prévention du risque d’avoir une maladie cardiovasculaire ou d’en mourir prématurément. La prise des suppléments d’ALA n’a pas plus d’effets sur la mortalité d’origine cardiovasculaire et les accidents coronariens.


L’étude VITAL parue en janvier 2019 dans le New England journal of Medicine, menée auprès de 25 871 personnes qui n’avaient pas de maladies cardiaques, conclut que les suppléments d’huiles de poisson en prévention primaire ne préviennent pas les évènements cardiovasculaires majeurs.


Les suppléments d’oméga-3 ont un effet protecteur chez les patients à risque de maladie cardiovasculaire (taux de triglycérides élevé), traités avec une statine pour normaliser leur taux de cholestérol selon l’étude REDUCE-IT. Il est cependant question ici, d’une dose massive d’oméga-3 pour l’étude. Il faudrait prendre une dose excessive de gélules en vente libre, ce qui pourrait être nuisible pour le bon fonctionnement du système digestif et provoquer des douleurs abdominales.

La confusion règne aussi à propos des bienfaits des oméga-3 sur le déclin cognitif. Certaines études démontrent que manger 2 portions de poissons gras par semaine diminue le risque de déclin cognitif jusqu’à 60 %, alors que d’autres n’observent aucun effet. Certains affirment que la consommation de poisson gras diminue le risque de déclin cognitif par rapport au supplément, mais elle ne semble pas avoir d’effet pour en ralentir la progression une fois qu’il est installé.

L’alimentation riche en oméga-3 d’origine marine ou végétale est bonne pour l’ensemble du corps, votre cœur et votre cerveau inclus. Alors, il n’y pas de raison de se priver de truite et de noix de Grenoble en attentant les prochaines recherches.


Source : Perspective infirmière mai 2019.


Nathalie Soucy infirmière



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