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Les amis du Port-Joli vous informe
par Journal L'Attisée le 2019-09-12

La Traverse de Saint-Roch

La Traverse de Saint-Roch est considérée comme un des endroits les plus difficiles à naviguer dans le fleuve Saint-Laurent. C’est un chenal étroit et peu profond. C’est un lieu-dit, situé à 6,7 km (4,2 milles) par le travers du village de Saint-Roch-des-Aulnaies. Elle forme la partie du chenal de Sud qui passe entre les hauts-fonds de Saint-Roch, à l’est, et le haut-fond du centre, à l’ouest. Sa largeur est de 0,4 km (0,25 mille) dans sa partie la plus étroite, entre deux bancs couverts de 5 brasses d’eau (9,1 m) 1. Cet endroit est la partie du fleuve Saint-Laurent où les courants de marée sont les plus forts. La vitesse du courant du jusant atteint 7 à 8 nœuds (13 à 15 km/h) et celle du courant de flot, 6 à 7,5 nœuds (11 à 14 km/h) 2. Cet endroit du fleuve constitue très tôt un cauchemar pour les navigateurs qui empruntent le chenal du Sud. Un vent soufflant contre le courant de marée va très vite soulever une mer déchainée.

Depuis 1805, le chenal du Sud a constamment fait l’objet d’amélioration en matière d’aides à la navigation. Voici les différentes aides à la navigation pour la Traverse de Saint-Roch. En ce qui concerne le balisage, les débuts furent modestes.

Ici, nous diviserons la Traverse de Saint-Roch en deux, car il y a la Traverse d’en Haut, partie amont de la Traverse de Saint-Roch, et la Traverse d’en Bas, qui en est la partie aval.


(Extrait de la carte bathymétrique no 207, édition juillet 1923, coll. François Rousseau)
Carte bathymétrique de la Traverse de Saint-Roch.


Les bateaux-phares et le pilier phare de la Traverse d’en Haut

(Aquarelle : Jean-Pierre Charest, 2015)
Le bateau-phare de la Traverse d’en Haut « Upper Traverse » en 1878.



En 1871, un bateau-phare, la goélette New England, est mouillé à l’extrémité amont de la Traverse Saint-Roch, appelé la Traverse d’en Haut, à une distance d’environ 1,5 km (3 milles) du bateau-phare de la Traverse d’en Bas sous l’appellation Light Ship.

La décision d’acquérir des bateaux-phares à autopropulsion est prise à la suite de la terrible tempête de 1873, qui vit le naufrage du bateau-phare Red Island et une courageuse tentative de sauvetage de la part du bateau-phare Manicouagan. Cette année-là, le 21 novembre, on apprend que plusieurs bateaux-phares sont en difficulté et que le maître et un membre d’équipage du bateau-phare Upper Traverse à la Traverse d’en Haut se sont noyés. Le Napoléon III, chargé de remorquer ces navires à Québec pour l’hiver, trouve des débris flottants et de la mâture et conclut que le bateau-phare est disparu corps et biens.

Dans l’intervalle, une tempête et les glaces à la dérive font du fleuve un cauchemar pour la navigation. On se hâte pour prendre en remorque l’autre bateau-phare, le Lower Traverse, à la Traverse d’en Bas, et le conduire à l’abri. On apprend ensuite que les débris appartiennent à un trois-mâts carré et que le bateau-phare censément disparu a réussi à atteindre le quai des Éboulements avec tout son équipage sain et sauf.

En 1878, un nouveau bateau-phare remplace le Light Ship et prend le nom de Upper Traverse. En 1899, le bateau-phare est remplacé par un pilier phare construit en bordure du chenal. Le pilier phare est un bâtiment rectangulaire en bois, peint en blanc, surmonté d’un toit rouge sur une cage de bois et pierre. En 1933, on retire le système lumineux du pilier phare qui menace de s’écrouler et on le remplace par une bouée lumineuse. Et en 1937, les débris de la structure du pilier furent finalement emportés par les glaces.3


(Collection du Musée Maritime du Québec)
Pilier phare de la Traverse d’en Haut en 1905, côté sud.


(Photo : collection : André Fournier)
Pilier phare de la Traverse d’en Haut en 1907, côté ouest.



Les capitaines et les gardiens:
• 1871-1878 : Alphonse Miville Deschêne, capitaine ;
• 1879-1893 : Édouard Pelletier, capitaine ;
• 1893-1899 : Esdras Lebel, capitaine ;
• 1900-1919 : Alfred Fournier, gardien ;
• 1920-1933 : Gustave Fournier, gardien4.


Notes : 
1Une brasse vaut 1,83 m ou 6 pieds.
2 Unité de mesure de la vitesse d’un navire, équivalent à la distance, en milles marins, parcourue en une heure. Le mille marin est en principe la longueur de la minute d’arc du méridien à la latitude de 45°. Il est égal à 1852 m (6 000 pieds).
3Extrait du volume Les bateaux-phares, chapitre des bateaux-phares de la Traverse de Saint-Roch, Jean Cloutier et Jean-Claude Charest, Septentrion, 2016.
4Idem.

Le mois prochain, les textes porteront sur les bateaux-phare et le pilier phare de la Traverse d’en Bas.

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Jean Parent pour Les amis du Port-Joli



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