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Mille feuilles - La guerre, la guerre...
par Journal L'Attisée le 2019-08-30


La guerre, fléau de tous les temps, de toutes les civilisations. La guerre, aussi inspiration de récits, de romans remarquables qui nous sensibilisent à cette réalité. Devoir de mémoire : ce mois-ci est le 80e anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale. Je vous propose donc des romans inspirés par cet épisode marquant du XXième siècle.

Tout d’abord une uchronie d’Éric-Emmanuel Schmitt : La part de l’autre (2001). En deux récits parallèles, il relate la vie d’Hitler et il imagine ce qui serait advenu si celui-ci avait été accepté à l’école des Beaux-Arts de Vienne. Y aurait-il eu une Seconde Guerre mondiale, cinquante-cinq millions de morts dont six millions de Juifs dans un univers où Adolf Hitler aurait été un peintre? Bien documenté côté historique et plausible dans la version hypothétique. On aimerait administrer à l’Histoire un gigantesque retour en arrière.


Suite française d’Irène Némirovsky, * publié de façon posthume en 2004, a été écrit en plein feu de l’action et raconte sous forme de roman l’exode des Parisiens en 1940. On y voit les gens fuir par des moyens de fortune : Ils avaient attaché sur son toit (de la voiture) le matelas doux et profond qui depuis vingt-huit ans ornait le lit conjugal. On est témoin de l’entraide mais aussi de la mesquinerie engendrées par l’urgence et la misère. On dépeint également les situations ambiguës causées par l’occupation : des gens qui en viennent à fraterniser avec les Allemands qui s’installent chez eux. Ce qui est fascinant c’est de penser que ça a été écrit alors que l’auteure ignorait l’issue de la guerre. Elle est morte dans un camp en 1942, son manuscrit sauvé par ses filles recueillies par une amie. Le livre offre en complément des lettres de son mari cherchant à la retrouver et des notes qui devaient servir à écrire une suite. Un livre bouleversant.


Dans son roman Le rapport de Brodeck (2007, prix Goncourt des lycéens), Philippe Claudel situe l’action dans un village qu’on devine isolé, dont les habitants se méfient des étrangers. Lorsqu’un crime y est perpétré, ils chargent Brodeck (le narrateur) de rédiger un rapport puisqu’il est celui qui a la compétence de le faire. Tout ce que je raconte, le moment où ils ont dit qu’ils voulaient que ce soit moi, ça s’est passé à l’auberge Schloss, il y a environ trois mois. Cela l’entraîne dans des réflexions, des retours sur sa propre vie, son parcours d’enfant trouvé. Le tout sur fond de guerre, qu’on reconnaît comme la Seconde même si on ne donne ni date ni noms de pays, et d’après-guerre. L’ambiance est intense, certains personnages inquiétants, les situations bouleversantes. Bref, pas jojo mais j’ai adoré!


Max (2012) de Sarah Cohen-Scali est inspiré du programme Lebensborn initié par Himmler dans les années 30 pour créer une race aryenne pure et dominante. Le narrateur est un enfant issu de ce programme que l’on suit de la veille de sa naissance (Mon voeu, le premier de ma vie à venir, est de voir le jour le 20 avril. Parce que c’est la date anniversaire de notre Führer) jusqu’à la fin de la guerre. Histoire poignante, bien documentée, aux multiples rebondissements.


* bibliothèque Charles-E-.-Harpe, collection Réseau


Bonne lecture!



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