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Pour un nouveau départ avec le voisin
par Journal L'Attisée le 2020-02-14

Il était une fois, une seigneurie sise en bordure du fleuve Saint-Laurent du nom de Port-Joly. Cette seigneurie englobait les municipalités actuelles de Saint-Jean-Port-Joli et de Saint-Aubert, selon la carte réalisée en 1937 par Georges-Henri Du Berger.1 En 1853, les habitants des rangs situés au sud du deuxième rang de Saint-Jean-Port-Joli demandent la création d’une nouvelle paroisse, vraisemblablement pour avoir accès à un lieu de culte situé plus près d’eux. C’est ainsi qu’en 1856, Saint-Aubert est érigé canoniquement en tant que paroisse par la hiéarchie catholique. Son nom est choisi en hommage à Philippe-Aubert de Gaspé, dernier seigneur du Port-Joly. En 1877, la municipalité de Saint-Jean-Port-Joli est officiellement démembrée par l’érection civile de Saint-Aubert au rang de municipalité.2 Ce divorce ne s’est pas fait sans heurt, d’où les 24 ans qui se sont écoulés entre la demande des citoyens et la reconnaissance officielle de la nouvelle municipalité de Saint-Aubert.


Imaginons-nous dans le contexte actuel. Alors que les églises se vident, il y a peu de chance que les résidents du troisième et quatrième rangs demandent leur propre paroisse. Malgré cela, l’esprit de clocher semble vouloir persister même de nos jours. Pourquoi deux municipalités qui ont une origine et des racines communes et qui partagent des services, continuent-elles d’évoluer séparément? Le temps ne serait-il pas venu d’unir les forces pour affronter les défis présents et futurs qui se profilent?


Ne dit-on pas que l’union fait la force! La fusion récente des municipalités de L’Islet-sur-Mer, L’Isletville et Saint-Eugène pourrait nous inspirer. Ces anciennes municipalités sont-elles dans une situation pire ou meilleure qu’avant la fusion? Si on en juge par l’investissement récent d’environ 25 000 000 $ fait par l’entreprise Rousseau Métal à cet endroit, on connaît la réponse. Le changement fait partie de la vie, alors que son refus mène graduellement à stagner voir même régresser.


Je pense que le temps est venu d’écrire une nouvelle page de l’histoire de Saint-Aubert et de Saint-Jean-Port-Joli en réunifiant ces territoires qui ne faisaient qu’un pendant la majeure partie de la vie de Philippe-Aubert de Gaspé. Ce serait l’occasion de créer un nouveau dynamisme qui je pense pourrait freiner l’effet d’attraction qu’ont les municipalités voisines sur nos entreprises.


Références:

 1. Deschênes, G., Portraits de Saint-Jean-Port-Joli, Les Éditions des Trois-Saumons, 1984).

 2. Desrosiers, G. et al., Histoire de Saint-Aubert, Association Historios, 1975)


Par Hervé Bernier, résident de la seigneurie de Port-Joly



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