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Que nous apprendra cet étrange printemps?
par Journal L'Attisée le 2020-04-27

Bien sûr, il devra nous apprendre beaucoup de choses sur nos façons de prévenir et de vivre une pandémie, mais il serait heureux qu’il nous apprenne aussi à mieux faire les choses, à mieux répartir les richesses, à mieux nous soucier des autres chez-nous et ailleurs. Mais je vais laisser cette partie à nos scientifiques et décideurs beaucoup plus compétents que moi en pareilles matières.


À mon niveau, cette expérience m’aura appris ou rappelé :


Que la vie est fragile et qu’elle peut basculer du jour au lendemain.


Que lorsqu’on décide d’être solidaire et de faire ce qu’il faut pour le bien public, on est beaux à voir.


Qu’on peut trouver toutes sortes de façons de rester en contact avec nos proches. Pendant 2 semaines, j’ai lancé à mes deux petits-enfants les plus âgés des défis amusants tous les matins via « Messenger ». Ils y ont participé, et les ont même attendus, avec tout l’enthousiasme et la joie de leurs 5 ans. Ça occupait non seulement un petit moment de leur journée, mais c’était un sourire ou un éclat de rire assuré pour mon mari et moi quand les vidéos ou photos de leurs réalisations du défi entraient. Nous avons aussi partagé le moment de souffler les bougies sur le gâteau de fête de l’aîné en visioconférence il y a quelques jours. Et nous avons pu vivre par vidéo le moment où notre petite-fille aperçoit son nouveau grand lit avec une douillette de licornes, cadeau pour sa fête elle aussi puisque nos premiers petits sont nés à 5 jours d’intervalle il y a 5 ans. Avec un peu de chance, nous verrons de la même façon les premiers pas chancelants du plus jeune d’ici 2-3 semaines.


Que nos enfants devenus parents sont formidables. Ils se sont aménagés des horaires partagés de télétravail ou de travail à l’extérieur, pour les emplois en services essentiels, avec leurs conjointes de façon qu’en tout temps l’un d’eux fasse des activités avec les enfants et leur rende ce chamboulement de leurs habitudes de vie le moins souffrant possible et adoucisse leur ennui de la famille élargie et des ami(e)s.

Que parler avec nos parents âgés, nos frères et sœurs, beaux-frères et belles-sœurs de tout et de rien, alors que nous manquons de temps dans la vie « normale », ça resserre des liens et rend l’isolement moins difficile.


Que l’amitié est un privilège immense, si besoin était de le rappeler. On dit parfois que les amis, c’est une famille que nous nous choisissons ; ce sont des gens qui savent pratiquement tout de nous et de ce que nous vivons depuis 5, 10, 15, 20... 40 ans. Nous avons partagé des évènements marquants, des deuils, des naissances, des succès professionnels, des diagnostics de maladie, tellement de repas chez les uns ou les autres, des voyages aussi. De les sentir si proches, si intéressés à ce que nous vivons en ce moment où on ne peut pas se voir, c’est d’un grand réconfort. De pouvoir rire en apprenant qu’une amie a décidé de teindre et couper ses cheveux elle-même bien qu’elle ne l’ait jamais fait ou de recevoir un appel sur haut-parleur juste pour porter un toast à quatre avant le souper du samedi soir chacun chez-soi, ce sont des petits bonheurs tellement précieux.


Vivement un retour à une vie plus normale, pour nos commerces locaux surtout, mais soyons tout de même reconnaissants d’avoir eu ce temps d’arrêt pour nous rappeler l’essentiel.


Suzanne Chabot



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