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Quand il faut renoncer et vivre…
par Journal L'Attisée le 2020-05-14

Lors d’un deuil, la souffrance crée souvent une ombre sur les plaisirs quotidiens et les beautés environnantes. Heureusement, progressivement la joie de vivre revient. Au début, il s’agit de quelques instants où la concentration, la motivation, l’énergie et le désir d’être avec les autres sont accrus. Au fil du temps, ils se font de plus en plus fréquents et de longue durée.


Cette période de deuil que vous vivez vous oblige à ralentir et à surmonter l’épreuve de la perte. La croissance personnelle qui s’ensuit est sans fin. Les circonstances entourant la mort comptent pour beaucoup dans la façon de vivre son deuil. Quand les adieux ont pu se formuler dans un lieu où les dernières paroles ont cimenté la relation, la perte n’est pas pressentie comme une fin, mais comme le prolongement du lien. Comment ne pas méditer sur les mots que Doris Lussier nous a livrés dans ce propos : « Ce que je trouve beau dans le destin humain, malgré son apparente cruauté, c’est que, pour moi, mourir, ce n’est pas en finir, c’est continuer autrement. Un être humain qui s’éteint, ce n’est pas un mortel qui finit, c’est un immortel qui commence. »


En prenant conscience du chemin parcouru, vous êtes capables de vous relier à la beauté de ce qui vous entoure. Malgré la tristesse provoquée par certains changements, une lueur de beauté peut se manifester. Il n’est pas rare d’entendre des personnes qui ont perdu un être cher exprimer ce qu’ils ont appris de leur deuil. Généralement, ils reconnaissent la nécessité d’exprimer leur amour et l’urgence de vivre, d’aimer et de savourer chaque instant.


Ainsi, arrive un moment où la personne endeuillée trouve un sens à ce qu’elle a vécu. Bien que la cicatrice creusée par la perte soit toujours là, la blessure est moins vive. Elle est capable de poser un regard vers le futur plutôt que de toujours s’attarder au passé. La sagesse dit : « Aime ce que tu as et tu seras heureux. » En effet, le bonheur dépend moins de ce qui nous arrive que de ce que nous faisons avec ce qui nous arrive.


« On ne guérit pas d’un deuil, on se laisse transformer par lui. » Josée Morel Cinq-Mars, psychologue.


En terminant, voici une question souvent posée par les personnes endeuillées :


Mes enfants me demandent de me débarrasser de tous les objets qui appartenaient à mon défunt époux. Je ne peux accepter le fait de m’en séparer. Est-ce normal?


Le fait de garder certains objets qui vous réconfortent peut être un problème si vous insistez sur le fait que le défunt est toujours vivant. Il n’y a pas de règle qui indique quand vider les armoires et les tiroirs. Je conseille aux gens de faire cette tâche lorsqu’ils se sentent prêts à la faire.


Liette Desjardins, célébrante laïque et accompagnement du deuil



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