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Un monarque sans couronne
par Journal L'Attisée le 2020-06-07


Il n’a point besoin d’un château, ni de ses joyaux et de ses parures, de ses habits royaux et de ses dorures. À chacune de ses sorties officielles, le papillon monarque se vêt de sa magnifique livrée.


S’il est un monarque qui pourrait rejoindre les convictions de tous, qui devrait faire l’unanimité autour de sa personne, c’est bien le papillon qui en porte le nom en toute légitimité. Cependant, ses jours sont-ils comptés?


D’espèce considérée comme préoccupante en 2003, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) l’a désignée en voie de disparition en 2016, donc à protéger, sa population ayant chuté de 90 % depuis une vingtaine d’années.


À l’automne, ces insectes parcourent plus de 4 000 kilomètres vers le sud jusqu’au Mexique pour hiverner. Ils se reproduisent lors du voyage de retour, et leur progéniture, sur trois générations, arrive au Canada au printemps. Toutefois, les aires d’hivernage où les monarques se rassemblent s’effritent par la perte d’habitat et sa migration est désormais reconnue comme un processus menacé.


Unanimes, les experts affirment que le déclin des papillons monarques est en grande partie dû à la réduction marquée en Amérique du Nord de l’asclépiade, seule plante dont se nourrissent les chenilles des monarques et sur laquelle les femelles pondent leurs œufs. Les pratiques agricoles, l’utilisation d’herbicides et de pesticides à grande échelle, l’abattage d’arbres, les conditions météorologiques extrêmes et les changements climatiques l’ont fait disparaitre de certaines régions et ont également affecté la santé des monarques.


Qu’est-ce que l’asclépiade?


Plante de soleil vivace, l’asclépiade fleurit en juin et juillet. On la connait sous le nom de « petits cochons de lait » à cause du latex blanc qui circule dans ses gousses immatures, ce qui la rend toxique pour le bétail et même pour les humains. Les chenilles du monarque la consomment et, en la mangeant, accumulent ses toxines. Celles-ci leur confèrent un mauvais goût qui décourage les prédateurs et les invite à ne pas renouveler l’expérience! À maturité, ses fibres douces et isolantes sont libérées et permettent aux graines de voyager dans le vent.

Fruit en été


Fruit mature


Pour éviter l’extinction du monarque, des initiatives se multiplient partout en Amérique du Nord, du Mexique au Québec afin de replanter de l’asclépiade à grande échelle, dans des jardins, des golfs, des cours d’école et des cours.


D’autre part, la Fondation David Suzuki, en partenariat avec l’Espace pour la vie, a lancé l’initiative « Ville amie des monarques » au Québec en les invitant à poser des gestes concrets pour protéger le monarque par la mise en place de mesures visant la restauration des habitats du monarque et la sensibilisation des citoyens et citoyennes.


Les passionnés des papillons, et particulièrement des monarques, peuvent créer une oasis attirante pour ces merveilleux migrateurs. Aménagée dans un endroit calme, ensoleillé et à l’abri du vent, celle-ci présente nécessairement de l’asclépiade ainsi qu’une variété de plantes nectarifères. On usera d’un coin de cour, quelques contenants sur un balcon ou une terrasse et le tour sera joué! Le nectar des fleurs d’asclépiades attirera de nombreux pollinisateurs tels que des abeilles, des guêpes, des papillons, des coléoptères, des colibris ainsi que des insectes prédateurs qui seront très utiles en éliminant les parasites au jardin comme en agriculture.


Si le monarque nous tient à cœur, nous pouvons contribuer à apporter un changement en protégeant et multipliant l’asclépiade. L’effort de mettre les mains dans la terre portera ses fruits et ça va mieux aller pour cet insecte.


N.B. Informations recueillies sur les sites :

 - Fondation David Suzuki

 - Espace pour la vie, Montréal

 - Gouvernement du Canada, Environnement et ressources Canada


Serge Picard



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