Menu principal

Mille feuilles - Lectures de confinement : quelques classiques, ou presque
par Journal L'Attisée le 2020-07-02


Confinement oblige, pas d’accès à la bibliothèque autre que numérique. N’étant pas encore adepte de cette pratique, j’ai exploré mes étagères, sachant que des trésors s’y trouvaient. Plusieurs livres (la plupart acquis en vente débarras ou bouquinerie d’usagés) me tendaient les pages depuis longtemps, espérant que je daigne enfin m’y plonger. Certains sont, sinon des classiques du moins des incontournables achetés en me disant faudrait bien que je lise ça un jour. Ce que je fis.


J’ai tout d’abord lu (je devrais dire relu puisqu’il s’était agi d’une mienne lecture scolaire il y a un demi-siècle) La peste (1947) d’Albert Camus. Pas très original me direz-vous : il paraît que ce printemps ce roman a connu un regain de popularité. J’ai évidemment été frappée par les similitudes avec ce que nous vivons. L’incrédulité du début (Les médecins connaissaient la situation. La question était seulement de savoir quelles mesures il convenait de prendre.), le désarroi et l’épuisement des soignants, le manque de ressources, la méfiance qui s’installe, l’inconscience de certains, l’entraide et le sens du devoir. J’ai redécouvert avec bonheur la plume de Camus, j’ai vibré au diapason des habitants d’Oran.


Dans la littérature américaine, Gatsby le magnifique (1925) de Francis Scott Fitzgerald m’a entraînée dans un monde bien loin de ma réalité : fêtes fastueuses, (Des hommes et des femmes voltigeaient comme des phalènes à travers ses jardins enchantés, dans une atmosphère de murmures, de champagne et d’étoiles.) luxe, conquêtes, désir de paraître, d’éblouir, de faire partie d’une classe privilégiée. Le narrateur, voisin de Gatsby, se lie d’amitié avec lui, un peu par hasard, malgré leurs profondes différences et les rumeurs qui courent à son sujet.


J’ai été enchantée par la Mrs Dalloway (1925) de Virginia Woolf. Ce roman a la particularité de se dérouler en une seule journée. Mrs Dalloway prépare une réception et dans le Londres d’après la Grande Guerre (Cette épreuve que le monde venait de connaître avait fait sourdre en eux tous, hommes et femmes, une fontaine de larmes.) on fait connaissance de plusieurs personnages en ce seul jour. Leurs destins s’entrecroisent, le passé ressurgit. Je me propose de lire d’autres titres de Woolf.


On ne peut qualifier le prochain livre de classique car il a été publié récemment. Je me permets de l’inclure dans cette chronique puisqu’il est la suite d’un classique de la littérature canadienne anglaise, La servante écarlate. Dans Les testaments* (2019) de Margaret Atwood, on retrouve l’univers de Galaad, (cet état aux règles très particulières d’où on ne sort pas indemne) plusieurs années plus tard. Trois narratrices se succèdent, dont tante Lydia, figure imposante de cette société. J’écris ces mots dans mon sanctuaire privé, au sein de la bibliothèque d’Ardua Hall – une des rares encore debout après les autodafés enthousiastes qui ont embrasé tout le pays. Avec sa maîtrise qui ne se dément pas, Atwood nous entraîne dans le cerveau et la vision de ces trois protagonistes.* Bibliothèque Charles-E.-Harpe, collection locale.


Bonne lecture,



Espace publicitaire