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Le deuil de ses parents
par Journal L'Attisée le 2020-09-07

On a beau avoir un conjoint, des enfants, des amis qui prennent soin de nous, nos parents sont irremplaçables. Même quand nos relations sont houleuses, il est sécurisant de savoir qu’ils sont là. Au moment de leur décès, c’est tout un pan de notre vie qui disparaît, et ce à n’importe quel âge. Les sentiments éprouvés lors de la perte d’un parent ne diminuent pas parce que vous êtes un adulte mature ou parce que votre parent a vécu une longue vie. Le deuil de ses parents est une étape difficile, qui laissera chaque personne transformée pour toujours.


Si vous avez perdu un parent, vous avez fait l’expérience qu’il est possible de perdre ceux qu’on aime et de devenir orphelin, peu importe l’âge. On a beau se convaincre que c’est dans l’ordre des choses, mais on voudrait encore entendre : « Comment ça va ma fille ?» C’est douloureux de se dire : « Plus jamais ». Plus jamais, ma mère sera au bout du fil pour me parler, me consoler et me donner des conseils. Plus jamais je ne dirai : « Maman! » Nombreux sont ceux qui ressentent un sentiment d’abandon après la perte d’un parent, alors qu’ils savent pertinemment que cet abandon n’est pas volontaire.


Un ami me confiait dernièrement : « Ma vie a basculé quand ma mère est décédée. J’ai perdu la femme de ma vie, ma confidente. Jusqu’au bout j’ai refusé de comprendre qu’elle était malade. Même en phase terminale, je m’accrochais à la vie, à sa vie. Elle est morte dans mes bras. Je me suis retrouvé comme un enfant perdu. Je me demande si on s’en sort un jour! »

Oui, la perte d’un parent, d’une mère en particulier, provoque des réactions. Nous oublions parfois la profondeur du lien que nous avions avec nos parents. Le chagrin que vous éprouvez est le reflet du lien qui a été perdu. Chaque perte laisse sa propre trace aussi unique que la personne que nous avons perdue. Notre façon de réagir dépend de la manière dont s’est construit le lien parent-enfant. Certains n’avaient pas « coupé le cordon », d’autres parce qu’ils n’ont jamais entendu le mot « je t’aime » de leurs parents, ni pu le dire eux-mêmes. Il est également normal d’éprouver de la colère, de la culpabilité et surtout le sentiment d’être abandonné. Chaque orphelin connaîtra, à la mort de ses parents, une traversée de deuil unique, tout comme l’était sa relation avec eux.


Si douloureux soit-il, le deuil d’un parent marque une nouvelle étape de vie et, inévitablement, la perte de nos parents nous ramène à notre propre mortalité. Dans la pyramide familiale, on se retrouve maintenant au sommet, parmi les prochains à partir. On réalise en même temps qu’il n’y a plus de génération tampon entre nous et la mort.


Que nous le voulions ou non, il vaut mieux, tôt ou tard, affronter son chagrin et surmonter la perte. En guérissant, nous apprenons qui nous sommes et nous apprenons à vivre avec le parent que nous avons perdu. Une nouvelle relation non pas physique, mais une relation où le parent vit dans notre coeur. Vous continuez à vous souvenir d’eux, à penser à eux et à les aimer pour le reste de votre vie.


Nous ne pouvons jamais remplacer nos parents. Nous devons nous adapter. Il est essentiel de trouver la meilleure solution pour s’en sortir. Avant tout, il faut avoir donné du temps au chagrin, et ne pas rester seul(e). N’hésitez pas à vous entourer des gens que vous aimez, qui sont là pour vous écouter et vous accompagner par leur présence réconfortante. Il serait dommage d’en tomber malade.


« Quand mes parents sont morts, oui j’ai perdu mes repères, mais depuis, j’en ai trouvé d’autres qui sont beaucoup plus ancrés en moi. C’est ce qui fait que je me sens plus solide aujourd’hui. » Marie-Claude Savard, Orpheline, aux Éditions Libre Expression.


Liette Desjardins, célébrante laïque et accompagnement du deuil



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