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Le deuil en contexte de mort traumatique
par Journal L'Attisée le 2020-10-09

Le deuil est un long processus pour apprendre à vivre avec l’absence de la personne aimée. Mais quand il se produit dans un contexte d’une mort traumatique, la personne en deuil est sous le choc, incapable de donner sens à l’événement. Elle va chercher le moindre indice pour comprendre. « Pourquoi maintenant? » Le choc émotionnel est quelquefois si puissant qu’il peut engendrer un processus traumatique conjointement au processus naturel de deuil.


Le deuil traumatique qu’est-ce que c’est? Le deuil traumatique survient quand la mort frappe soudainement, de manière imprévisible ou tragique (crise cardiaque, etc.), lors d’un décès contre nature (la mort d’un enfant, etc.), lors d’un décès volontaire (suicide, etc.) ou lors d’un décès qui comporte des aspects horrifiants (homicide, accident, etc.) Une mort traumatique provoque souvent des complications du deuil. Il arrive qu’il s’éternise, entraînant des troubles psychiques et somatiques souvent chroniques et pouvant justifier une prise en charge médicale spécialisée.


Un deuil est toujours difficile à vivre, mais le caractère prévisible de la mort dans certains cas amortit le choc et nous aide à nous préparer. La mort traumatique, quant à elle, n’offre aucune possibilité de préparation. Il n’est pas facile de réaliser qu’on n’a pas eu le temps de dire adieu à la personne disparue ou que certains conflits n’étaient pas réglés.


Habituellement, que vous le vouliez ou non, un processus de « cicatrisation psychique » se met en place lors du décès d’un être cher, à l’image du corps qui sait spontanément réparer les blessures physiques. Ce mouvement spontané de cicatrisation est indépendant de votre volonté. Certes, votre vie portera toujours les traces de cette blessure puisque c’est quelque chose que vous ne pourrez plus effacer de votre histoire, mais ses conséquences sur le long terme seront beaucoup moins graves que si vous l’aviez négligée.


Il n’existe aucun moyen de « court-circuiter » la peine et la souffrance que vous vivez. En préparant cet article, j’ai réalisé que ma seule parole ne pouvait être pertinente. « Si on n’a pas vécu cela dans sa chair, on ne peut pas comprendre ». Tel est le message que je reçois continuellement de la part de ceux et celles que je rencontre. Je m’appuie donc sur les témoignages de personnes directement touchées par le décès en contexte de mort traumatique. C’est la seule façon de capter la complexité de cette souffrance. Vous savez aujourd’hui que, quand on vit un tel drame, on a besoin de recevoir de l’aide des personnes qui sont passées par là : elles « savent » ; elles comprennent. Cela vous permettra de réaliser que vous n’êtes pas seul à vivre ce que vous vivez. Ce que vous éprouvez actuellement n’a rien d’anormal ; il y a une logique, dans ce qui vous semble aujourd’hui n’être qu’un flot de souffrance.


Au-delà de sa dimension traumatique, le deuil dans un contexte de mort traumatique reste un deuil. Il est donc essentiel d’en comprendre le fonctionnement, car c’est lui qui va conditionner votre quotidien dans les semaines et les mois à venir. L’objectif est de faire quelque chose de cette souffrance qui a brusquement émergé dans votre vie. Il n’y a personne qui peut prendre mieux soin de vous que vous-même!


« Le traumatisme et le deuil partagent des symptômes similaires : des pensées spontanées intrusives, un affect douloureux, un sentiment d’impuissance et de confusion, des cauchemars et un sentiment de culpabilité diffuse. » Monbourquette, Jean et d’Aspermont, Isabelle (2011). Excusez-moi, je suis en deuil. Éd. Novalis, p. 39


Si vous désirez me contacter, vous pouvez le faire à l’adresse courriel et je prendrai le temps de vous lire :

desjardins53@videotron.ca.


Liette Desjardins, célébrante funéraire laïque et accompagnement du deuil



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