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L’émigration aux États-Unis (suite) février 2021
par Journal L'Attisée le 2021-02-10

Émigration Aubertoise
Le répertoire des baptêmes, mariages et sépultures de Saint-Aubert nous indique que 153 personnes de la paroisse se sont mariées aux États-Unis ; cette figure sous-estime largement le nombre car les annotations marginales n’ont débuté seulement qu’en 19081. Le recensement de 1911 n’indique que 6 personnes qui sont nées aux États-Unis; ce nombre n’apparaît pas très réaliste. Le guide officiel des Franco-Américains nous permet de situer quelques notables originaires de Saint-Aubert :

Théophile Belleau, fils d’Elzéar et d’Amanda Marois, né le 17 novembre 1883, habite à Salem (MA) en 1922 et en 1927. Il est marié à Albina Audet, père de 4 enfants et membre de l’Union St-Jean-Baptiste d’Amérique.

Alfred Bergeron, fils de Joseph et de Marie Dumont, né le 7 juillet 1884, est plombier à Lawrence (MA) en 1927. Il a épousé Marie-Louise Duhamel, est le père de 6 enfants et est membre des sociétés Franco-Américaines.

Alfred Chouinard, fils de Calixte et de Clarisse Chouinard, né le 9 août 1871, réside à Fall River (MA) en 1927. Il a épousé Cécile Fortier et est le père de deux enfants.

Amable Chouinard, fils d’Henri et de Rosalie Thibault, né le 26 avril 1866, est épicier et agent d’immeubles à Fall River (MA) en 1922 et 1927. Il a épousé Anna Paradis et il est le père de 3 enfants. Il est membre de l’Union St-Jean-Baptiste d’Amérique, de la Ligue des Patriotes et du club du Calumet, directeur de la banque Lafayette et de la compagnie Renaud, ex-inspecteur des huiles et président de la commission des hôpitaux. Il est arrivé à Salem (MA) en 1878 et à Fall River en 1885.

Augustin Chouinard, fils d’Henri et de Rosalie Thibault, né le 31 octobre 1873, est épicier à Salem (MA) en 1922 et en 1927 ; il est marié à Virginie Dion et est père de 5 enfants.
Gérard-L. Gaudreault, fils de Lucien et d’Éliza Chouinard, né le 14 juin 1901, est médecin à Concord (NH) en 1935. Il a épousé Yvette Boisvert avec qui il a un enfant. Il a étudié au séminaire de Québec, à l’université de Montréal et a été admis à la pratique en 1930. Il est membre des sociétés Franco-Américaines.

Omer Paradis, fils de Joseph et de Marie-Alice Chouinard, né le 31 août 1891, est épicier à Salem (MA) en 1927. Il a été soldat durant la guerre de 1914-1918.

Toutes les personnes énumérées ci-dessus sont habilitées à voter et possèdent leurs résidences, sauf pour Gérard-L. Gaudreault.

Figure 10
Alphonse Pellerin à 102 ans

Maxime Pellerin et une bonne partie de ses 15 enfants déménagent à Chicago un peu après 1915 ; ils y vivent quelques années avant de s’établir à New York. Certains, dont les parents, reviennent à Saint-Aubert quelque années plus tard. Edmond, Jeanne, Fabienne, Rose et Alphonse décident de rester aux États-Unis où deux d’entre eux auront de brillantes carrières. Fabienne devient dame de compagnie de madame Theodore Delano Roosevelt et lui apprend le français3. Alphonse livre l’épicerie au gangster Al Capone pendant son séjour à Chicago. À New York, il exerce successivement plusieurs métiers : portier à l’édifice Chrysler, policier détective secret dans le métro et nettoyeur de rideaux à Radio City Music Hall où on découvre son talent pour le chant. En 1950, il déménage à Spingfield (MA) où il travaille pour la compagnie Smith and Wesson. Il a vécu tout le reste de sa vie dans cette ville où il est décédé le 17 juin 2009. Alphonse a eu l’honneur de rencontrer les présidents Franklin D. Roosevelt, Richard M. Nixon et Dwight D. Eisenhower4.

Émigration Cyrilloise
Le guide officiel des Franco-Américains ne nous permet de situer que deux familles de notables originaires de Saint-Cyrille ; il faut noter que toutes les années n’ont pas été consultées :

Joseph-R. Lord, fils de Joseph et d’Hermine Fortin, né le 12 février 1879, est gérant à Brunswick (ME) en 1922. Il a épousé Rose de Lima Bélanger et est père de 6 enfants. Il est membre des sociétés Franco-Américaines et propriétaire de sa résidence.

L’abbé Joseph-A. Normand, fils de Phydime et de Joséphine Thibault, né le 2 décembre 1886, est présent à Waterville (ME) en 1935. Il a fait ses études au collège de Montréal et à Baltimore (MD). Ordonné le 8 mars 1913, il a été vicaire à Lewiston (1913-1915), à Fort Kent (1915), à Waterville (1915-1917) et à Biddeford, (1917-1919). Il é été nommé curé à St-François (1919-1922), à Grande Isle (1922-1925), Fort Kent (1925-1934) et ici (1934).

Émigration Damasienne
Le répertoire des mariages de Saint-Damase dénombre 40 personnes qui se sont mariées au États-Unis après 1908 ; on peut supposer qu’un nombre aussi grand, et peut-être plus, a fait de même avant cette période5. Le recensement de 1891, 1911 et de 1921 ne font état que de 4, 6 et 2 personnes respectivement qui sont nées aux États-Unis; cela semble bien peu.

Les premiers résidents de Saint-Damase peuvent être identifiés avant même la fondation de la paroisse alors qu’on les dit habitants des cantons Ashford et Fournier ou des missions du cinquième ou Saint-Benoît. Il y avait peu de bonnes terres fertiles et les habitants ont tôt fait d’immigrer dont plusieurs vers les États-Unis. Pierre-Paul Lebel et sa famille (13 enfants) partent définitivement pour Lowell (MA) en 1880. Louise et Florida Gamache, filles de Joseph et de Marie Lord, font de même vers 1903. Louis Lord arrive à Lowell en 1889 et travaille dans le commerce ; son petit-fils Raymond s’implique dans la politique et devient maire de Lowell en 1962. Elzéar Pelletier épouse Flavie Pellerin à Nashua (NH) en 1891 ; il y décède accidentellement en 1899. Son fils est ramené à Saint-Damase où il sera élevé par ses grands-parents paternels tandis que ses filles resteront avec leur mère à Nashua.


Figure 11
Pierre Picard

Pierre Picard (1859-1951) part pour les « bricades » de Lawrence (MA) et des alentours au printemps et ne revient que tard à l’automne. Avec le temps, il amène quelques-uns de ses enfants pour travailler aux États-Unis. On retrouve ses fils Wilfrid (1889-1978) et Albert (1890-1947) à Salem (MA) en 1904, ses filles Blanche (1887-1979) à Lawrence (MA) en 1908 et Aurore (1897-1965) au même endroit en 1912. Albert ne reste pas longtemps à Salem à cause d’une blessure à l’épaule ; il travaille ensuite à Cochrane, à Amos avant de se fixer à Rouyn où il exploita plusieurs commerces. Wilfrid revient aussi au pays mais retourne définitivement aux États-Unis dans les années 1920 ; il s’installe à Nashua (NH) où il exerce le métier d’ouvrier jusqu’à un âge assez avancé. Blanche revient à Saint-Damase en 1925 après le décès de sa sœur Alma ; elle reste un an puis va travailler à Montréal. Aurore ne revint jamais au Canada sauf pour quelques brèves visites dans sa famille. Elle développe ses talents de couturière pour le magasin Helleres où elle confectionne des robes simples ou pour les grandes occasions. Elle épouse Gédéon Rhéaume à Lawrence (MA) en 1917 puis la famille s’installe ensuite à Salem (MA) vers 1920. Quatre enfants naissent de cette union : Cécile, Joseph, Eugène et Robert. Eugène fut contracteur en construction et Robert militaire de carrière.

Émigration Saint-Eugénoise
Saint-Eugène a connu sa part d’émigration vers les États-Unis. Les familles de Charles Bélanger, fils de Frédéric, et Paul Moreau établies au Rhode Island figurent parmi celles-ci. En 1881, il apparaîtrait que 45 familles de la paroisse auraient émigré ; cela aurait entraîné la fermeture de l’école du 4e rang nord-est7.

Le guide officiel des Franco-Américains ne présente aucune famille notable originaire de Saint-Eugène ; il faut noter que toutes les années n’ont pas été consultées car il en existe certainement.


1 Sylvain Lord, France Deschênes et Anita Pelletier-Morin, Saint-Aubert - Répertoire des baptêmes, mariages, sépultures et annotations marginales, recensements de 1861, 1911, Marquis, Montmagny, 662 p.
2 Bibliothèque et Archives Canada, Recensement de Saint-Aubert en 1901.
3 Rose-Hélène Fortin, « Qui était Délia? Qui était Alphonse? », L’Attisée, avril 2009.
4 Ken Ross, « Holyoke man, 102, offers an array of memories », The Republicain, 23 juillet 2008, informations tirées du site Internet : www.masslive.com le 4 avril 2009.
5 Sylvain Lord, Saint-Damase-de-L’Islet - Répertoire des baptêmes, mariages, sépultures et annotations marginales, 1880-2005, recensements de 1851, 1891, 1901, 1911, Société de généalogie de Québec, 206.
6 Bibliothèque et Archives Canada, Recensements de Saint-Damase en 1891 et 1911.
7 Comité du livre du 125e, Saint-Eugène – D’entre nous jusqu’à vous, Les éditions du Savoir enr., Montmagny, 1992, p. 115-117.



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