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Se réinventer
par Journal L'Attisée le 2021-02-28

Depuis un an, on loue avec raison le dévouement des travailleurs du réseau de la santé. Ils sont au front et méritent notre admiration autant que notre reconnaissance.

Aujourd’hui, toutefois, mon coup de chapeau est pour tous ceux qui ces derniers mois ont su se réinventer. On nous l’a demandé, ad nauseam, afin de survivre au grand chamboulement qui nous a surpris le printemps dernier alors que, pépères, nous étions vautrés dans notre confort et nos certitudes.

On a donc rivalisé d’ingéniosité, d’originalité. Les restaurateurs ont adapté lieux, horaires, menus, pour offrir des expériences gustatives nouvelles à livrer ou emporter. Les commerces ont fait preuve de flexibilité en fonctionnant à régime réduit ou en ligne.

Le monde culturel a également fait preuve de créativité avec de nombreuses offres virtuelles : visites de musées, concerts, théâtre, humour. Des ciné-parcs moribonds ont repris vie grâce à des prestations auxquelles on pouvait assister dans le cocon de sa voiture, bulle familiale aseptisée.

Je tiens à souligner un autre domaine où l’on s’est réinventé, pour égayer et secouer nos vies sous couvre-feu, notre encabanement chronique. L’appel de la neige lourde, la neige à bonhomme, nous a extirpés de nos tanières à quelques reprises. L’éclosion enfin n’était pas de covid mais plutôt d’une faune blanche rigolote. Des standards séculaires, ancrés dans nos us et coutumes, ont volé en éclat. Certains personnages perpétuaient la tradition : allure conventionnelle rondelette. Plusieurs cependant bousculaient les canons de beauté bonhommesque. On a vu de grands maigres, de petits boudinés, ou encore cul par-dessus tête les pieds en l’air. Certains portaient le masque de circonstance ; d’autres, jupe, châle, ceinture fléchée (le mien), accessoires variés. Les couvre-chefs se déclinaient en un éventail considérable : tuque, casquette, chapka, perruque et même toupet à la celui-qu’on-ne-veut-plus-nommer. Assis sur des bancs de parc, promenant le chien, s’enlaçant ou se tenant la main, jamais on n’en avait autant vu.

Un grand bravo aux anonymes et modestes virtuoses de la neige à bonhomme!



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Rachel  Grou  réinventer  
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