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Quand l’autre s’efface…
par Journal L'Attisée le 2016-06-01

Comme à chaque année, la Fondation des services de santé de la MRC de L’Islet, offrait au personnel soignant des soins palliatifs l’occasion de se ressourcer et de développer leurs compétences. La conférencière invitée, docteure Michèle Morin, a abordé le thème de la démence, au Centre GO de Saint-Jean-Port-Joli le 16 avril dernier.


Docteure Michèle Morin est originaire de L’Islet, spécialiste reconnue dans le domaine de la démence. Interniste gériatre, elle travaille à la fois à l’Université Laval, au Centre d’excellence sur le vieillissement de Québec (CEVQ) de même qu’en soutien à l’équipe ambulatoire de psychogériatrie de Montmagny. De plus, elle enseigne et donne des conférences pour le grand public. C’est une femme occupée?!


La maladie d’Alzheimer est la plus connue des démences. La Dre Morin d’entrée de jeu nous rassure, la démence est certes présente au Québec, mais chez 8 % des 65 ans et plus et chez 33 % des 85 ans et plus. Il est donc faux de prétendre que tout le monde perd la mémoire en vieillissant. Précisons que la démence est caractérisée par un déclin progressif des capacités cognitives : mémoire, langage, reconnaissance, perception, apprentissage, raisonnement, orientation, organisation, planification, jugement.


Même si la détérioration est inexorable (certains médicaments peuvent ralentir le processus mais ne guérissent pas la maladie), toutes les capacités ne sont pas atteintes en même temps. La nécessité de miser sur les capacités encore présentes, d’éviter d’infantiliser la personne mais plutôt l’encourager à accomplir elle-même tout ce qu’elle est encore capable de faire, contribuera à prolonger l’estime d’elle-même.


La spécialiste souligne l’importance au moment où la personne reçoit le diagnostic d’entreprendre tout de suite des démarches qui lui permettront le moment venu de faire respecter ses dernières volontés : testament, choix de fin de vie etc. Mais il y aura, tant pour la personne concernée que pour ses proches, une succession de deuils petits et grands à vivre au quotidien. Le deuil blanc commencera du vivant de la personne que l’on a connue et aimée mais qui s’efface peu à peu. Nous aurons à vivre sa mort deux fois.


Pour beaucoup de familles, même avec de l’aide et du soutien à la maison, avec le temps, la charge de soins deviendra trop lourde et nécessitera d’envisager un placement en centre d’hébergement. Décision difficile et douloureuse, qui soulève souvent de la culpabilité. L’essentiel sera toujours de préserver jusqu’au bout la dignité de la personne tout en lui offrant des soins de fin de vie de confort et de qualité. Un véritable défi, tant pour la famille que pour le personnel soignant.


«?La dignité est dans la lutte, elle n’est pas dans l’issue du combat.?» Pierre Billon.


Clémence Lord



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