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Mille feuilles - En attendant le printemps
par Journal L'Attisée le 2021-02-22

Les titres proposés ce mois-ci ne sont pas récents, je profite de mon encabanement pour découvrir des livres en attente sur mes tablettes et, pourquoi pas, en relire que j’ai jadis ou naguère appréciés.

Tout d’abord un recueil de contes lu il y a fort longtemps : L’enfant de la haute mer (1931) de Jules Supervielle. Je me rappelais l’avoir aimé et j’ai voulu vérifier quelle en serait mon impression aujourd’hui. Eh bien le charme a de nouveau opéré et au fil des huit histoires empreintes de poésie et de rêve je retrouvais le plaisir éprouvé autrefois. Ainsi il nous présente la fillette du premier conte : Elle n’était pas très jolie à cause de ses dents un peu écartées, de son nez un peu trop retroussé, mais elle avait la peau très blanche avec quelques taches de douceur, je veux dire de rousseur.

Le général dans son labyrinthe (1989) de Gabriel García Márquez. L’auteur retrace la fin de vie de Simón Bolívar, après qu’il eut renoncé au pouvoir, en mêlant Histoire et fiction. L’atmosphère sud-américaine des romans de García Márquez est omniprésente, le surnaturel jamais très loin. Ses descriptions imagées fleurissent au gré des pages. Agustín et le général continuèrent de chanter jusqu’à ce que le scandale de la forêt chassât les crocodiles endormis sur la rive, et que les entrailles des eaux se précipitassent comme un cataclysme.

Nancy Huston, Lignes de faille (2006). Quatre narrateurs, quatre enfants de 6 ans. La première partie nous révèle le regard de Sol, en 2004. Mon cerveau remplit le monde et le monde remplit mon cerveau. Dans la deuxième partie c’est Randall, son père, qui a 6 ans en 1982. Chaque saison a ses jeux où on peut s’oublier. On retrouve ensuite Sadie, la mère de celui-ci, en 1962. Grand-maman se penche et effleure mes cheveux de ses lèvres. Enfin le regard de Kristina, mère de Sadie, clôt cette saga familiale en 1944-45. Une myriade d’extases. Comme on découvre l’histoire à rebours, chaque partie nous donne des clés pour comprendre les précédentes, nous livre peu à peu la dynamique de cette famille. J’ai bien aimé ce procédé narratif même s’il peut sembler rébarbatif à prime abord.

Dans son roman La promesse (2014), Michèle Ouimet nous plonge dans l’univers des reportages de guerre avec une histoire qui nous conduit à Kaboul. Certainement inspirée de sa propre expérience, elle expose les aléas et les dommages collatéraux du métier. La protagoniste est interpellée par le courage d’une jeune Afghane qu’elle souhaite aider : Sa belle-mère acariâtre adulait son fils et prenait un malin plaisir à lui faire la vie dure. Tenir promesse n’est pas facile.

Bonne lecture, bonne fin d’hiver!



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