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Mille feuilles - Mes lectures d’été
par Journal L'Attisée le 2021-09-08

On associe souvent lectures d’été à légèreté. Vous constaterez que ce ne fut pas forcément mon cas.

Tout d’abord un titre récent que j’ai fort apprécié. Yoga (2020) d’Emmanuel Carrère. Ce devait être un livre sur le yoga. Adepte de cette discipline, l’auteur s’est dit (...) que ce serait une tâche à la fois utile et agréable d’écrire, sur le ton de la conversation familière, un petit livre pas prétentieux (...). Mais en ce mois de janvier 2015 où il s’attelle à ce projet, l’attentat chez Charlie Hebdo bouleverse ses plans. Son livre traitera de yoga, certes, mais aussi d’amour, de deuil, de migrants, de dépression. Présenté ainsi cela peut sembler décousu mais la narration de Carrère est toujours très efficace.

Le promeneur (2007) d’Adriaan Van Dis. La vie est plus simple que ce que vous en faites. Nous cherchons des réponses mais de réponses, il n’y en a point. Un homme, solitaire et désoeuvré, recueille par hasard un chien lors de l’incendie d’un immeuble de son quartier. Personne ne semble savoir à qui il appartient, c’est, simplement, le chien. Sa présence amène notre homme à découvrir son environnement d’un autre oeil, de tisser des liens avec des gens qu’il n’aurait jamais abordé autrement. Bibliothèque Charles-E.-Harpe, collection Réseau.

J’ai également fureté dans ma propre bibliothèque sachant que s’y terraient des livres acquis (d’occasion) depuis un certain temps déjà et qui ne demandaient qu’à être enfin lus. Parmi eux L’Odyssée d’Homère, rien de moins (rassurez-vous, pas en version originale, mon grec ancien étant limité, voire inexistant). J’avoue que je l’abordais un peu comme un pensum afin de consolider les quelques notions datant de lointaines études et d’une série télévisée d’il y a fort longtemps aussi. Le pensum toutefois est vite devenu plaisir. J’ai littéralement dévoré l’oeuvre, savourant les formules poétiques récurrentes comme Lorsque parut la fille du matin, l’aube aux doigts roses... 

En restant dans le thème de l’Antiquité j’ai, là encore, dévoré Mémoires d’Hadrien (1958 pour l’édition originale) de Marguerite Yourcenar. Chaque fois que je lis cette autrice, je suis estomaquée par son érudition et la qualité de son écriture. Ici, elle se met dans la peau de l’empereur Hadrien qui, en fin de vie, se confie à Marc-Aurèle, son petit-fils adoptif et éventuel successeur. Ce matin, l’idée m’est venue pour la première fois que mon corps, ce fidèle compagnon, cet ami plus sûr, mieux connu de moi que mon âme, n’est qu’un monstre sournois qui finira par dévorer son maître. L’édition Folio nous offre en complément un intéressant dossier constitué de notes de l’autrice sur sa démarche.

En 2002, Robert Lalonde a publié Un jardin entouré de murailles. Dans ce roman, il s’inspire de la vie de Marguerite Yourcenar au moment où elle vint à Montréal donner des conférences à l’automne 1957. Il imagine les aléas auxquels Grace (sa compagne) et elle font face durant ce court séjour, leurs mésententes, leurs déchirements mais aussi leur grande complicité. Elles pénétrèrent au pas de course dans la petite gare, Grace hochant la tête de bas en haut, Marguerite de gauche à droite. Truffé de références à l’oeuvre de Yourcenar, ce roman plaira à qui apprécie cette autrice ainsi que la plume de Lalonde.

Bonne lecture, d’automne bientôt!



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