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Il était une fois des villages autonomes – Saint-Aubert (suite)
par Journal L'Attisée le 2022-03-07

Métiers d’antan
Les recensements de 1881 à 1921 et les annuaires Lovell de 1907 à 1916 indiquent plusieurs métiers d’antan qui ne sont plus ou peu pratiqués. Les prochaines sections nous font connaître le nom de gens ayant exercé ces métiers ; il n’a pas été possible d’en dresser une liste exhaustive faute de renseignement.

Agriculture
Les données qui suivent ne présentent le tableau de l’agriculture de Saint-Aubert que pour 1938 ; une étude beaucoup plus exhaustive aurait été nécessaire pour tracer un portrait plus détaillé. À cette période, la plupart des familles vivaient sur des fermes ; l’inventaire des ressources pour cette année nous indique qu’il y avait1 :
2000 pommiers et 800 pruniers
110 érablières qui ont produit 7500 gallons de sirop et 40 000 livres de sucre
Environ 250 chevaux, 630 bovins surtout pour la production laitière, 700 porcs, 640 moutons, 4125 volailles, 42 couples de renards pour la reproduction et la production de fourrures et 4 apiculteurs
Le rapport de 1938 fournit plus de précisions quant aux différents élevages et notamment leurs rendements et les revenus qu’ils ont générés2.


Les cordonniers
Plusieurs personnes ont exercé le métier de cordonnier à Saint-Aubert ; les recensements nous révèlent les noms suivants3 : Suzanne Jalbert (1861), Édouard Sénéchal (1861), Emma Dubé (1881, 1901), Odile Fortin (1881), François Gagnon (1881), Philippe Pelletier (1825-1903, 1881, 1891), Octave Picard (1881, 1891, 1901, 1911), Luc Talbot (1881), Noël Thibault (1891), Joseph Pelletier (1901), Virginia St-Pierre (1901), Onésime Bard (1911), Joseph Picard (1911), Georges Caron (1935) et Cyprien Thibault (BMS). Parmi les plus contemporains, on retrouve : Amédée Caron (1908-1988, en fonction entre au moins 1935 et 1962, L-GC), Fortunat Desrosiers (BMS) et Émile Caron (1900-1975, BMS).

Émile Caron


Émile Caron est né le 28 février 1900 à Saint-Aubert ; il est le fils de Georges et de Marie Cloutier. À 18 ans, il part aux chantiers ; il tombe malade et doit être hospitalisé 18 mois. Il est frappé d’une mystérieuse fièvre que les médecins ne parviennent pas à expliquer. Une partie du tibia d’une jambe s’effrite et la rotule d’un genou se déplace. Il finit par retourner chez ses parents qui craignent une fin proche. Grâce à une foi inébranlable et des efforts continus de réhabilitation, il retrouve un semblant de normalité après 4 ans. Son handicap le limite dans son choix de carrière et c’est alors qu’il devient cordonnier dans un coin de cuisine de ses parents. Le 26 septembre 1942 à Saint-Aubert, il épouse Blanche Fournier, fille de Théodule et de Joséphine Caron. Émile retape, répare et fabrique des chaussures et autres articles de cordonnerie tout le reste de sa vie. Sa patience et sa minutie lui amènent de nombreux clients ; de peur de déplaire à ceux-ci, il leur charge souvent des prix très bas qui couvrent à peine ses dépenses. Le 3 juillet 1975, il s’éteint paisiblement alors qu’il travaillait toujours4. Ce dernier a été à l’œuvre d’environ 1920 jusqu’à son décès en 1975 ; sa boutique était située dans son domicile au 3e rang Ouest non loin de l’église5.


1 Ministère des Affaires municipales, de l’Industrie et du Commerce de la Province de Québec, op. cit., p. 72-73.
2 Ministère des Affaires municipales, de l’Industrie et du Commerce de la Province de Québec, op. cit., p. 72-73.
3 Bibliothèque et Archives Canada, les années entre parenthèses sont celles du recensement où l’on retrouve le nom; les personnes ont été en fonction pendant plus longtemps dans la plupart des cas. L’indication BMS est pour le répertoire des baptêmes, mariages et sépulture de St-Aubert de 2006. LGC est pour une information fournie par l’abbé Louis-Georges Caron en entrevue le 7 janvier 2021 et celle R-HF pour une information fournie par Rose-Héléne Fortin en entrevue le 27 juillet 2021.
4 Rose-Hélène Fortin, Ah! C’était un p’tit cordonnier oncle Émile, L’Attisée, St-Jean-Port-Joli, août 2018, p. 4-5.
5 Informations fournies par Rose-Hélène Fortin en entrevue le 27 juillet 2021. LGC est pour une information fournie par l’abbé Louis-Georges Caron en entrevue le 7 janvier 2021.



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