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Le son d’une époque
par Journal L'Attisée le 2022-11-10


J’écris ce texte au lendemain des élections… Exercice démocratique qui a porté un Continuons au pouvoir… Aujourd’hui, je me demande ce qu’il faut continuer.

Je m’imagine les années soixante, années de toutes les constructions, du système d’éducation aux infrastructures routières, en passant par les grandes centrales hydroélectriques et tant et tant pour sortir le Québec de la noirceur et l’amener vers la modernité. Les camions, le béton, l’élaboration d’idées et discussions constructives, les coups de marteau, les clameurs d’une frénésie et d’un enthousiasme créatif de tous les possibles. C’était le son d’une époque. Une musique qui s’éclate, s’ouvre et se libère, comme le fut véritablement le monde artistique de ces années foisonnantes. Révélateur d’idéaux en marche.

Et quel est le son de notre époque ? Arrêtons-nous quelques minutes pour écouter… Qu’est-ce qui prend toute la place, bien au-delà du vacarme des drills, tondeuse, véhicules à moteur de toutes sortes ? N’est-ce pas la télévision, l’ordinateur, le cell, les commentateurs, chroniqueurs, analystes, vidéos, les opinions, phrases trop souvent vides de sens, prétentieuses, improductives, faciles ; mais surtout, surtout, tout ça sans véritable but, objectif ou RÊVE COMMUN ?

Ainsi, que nous révèle le bruit qui accompagne notre époque ? Lorsqu’il y a 50 ans nous construisions, nous avions une vision de l’avenir, du devenir, tous ensemble vers des buts communs, n’avons-nous pas l’impression que nous sommes aujourd’hui plus près du concept d’endormissement, d’engourdissement voire, d’étouffement… Pendant des décennies, nous avons bâti quelque chose. Depuis, nous tentons de vivre sur ces acquis, sans trop vouloir bouger – et ce, très chèrement payé. Continuons… alors au lieu de poursuivre cette élaboration d’un monde à notre image, le corriger, l’améliorer, nous continuons à dormir sur ce que l’on a,
sans but ou rêve commun… Sans frénésie, enthousiasme, voire Amour de la vie en société. Seuls devant nos écrans nous profitons, sans IDÉAUX à mettre en œuvre.

Lors de l’élection où le PQ a perdu ses plumes, j’étais assise à côté de mon père qui a tant milité autrefois pour l’indépendance… Les larmes aux yeux, il regardait l’hécatombe se produire et me dit : « nous avions un rêve ». Ce qui m’a le plus touchée, ce n’est pas tant les larmes ou la perte du projet d’indépendance, que le NOUS. Aujourd’hui, où est notre Nous ? Pas celui qui est endormi à vouloir continuer on ne sait quoi, mais celui qui nous fait bouger, militer, rire, vivre ? En 2022, en quoi devons-nous agir ENSEMBLE ?

Dansent les cordes étalées de fils de soie
Autour des formes déchiquetées d’une nature dénaturée
Empreinte de mélancolie

Cette danse-lumière soulage et libère tant
Qu’elle élève la profondeur de la douleur
Au-delà de l’espace-temps.





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Isabelle Paradis  son  époque  
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