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« La maison de mon père »
par Journal L'Attisée le 2016-09-01

La première fois que j’ai entendu parler des Bourgault, j’étais en 11e année, durant le cours d’Histoire du Québec et du Canada. Dans le chapitre sur l’art religieux, l’enseignante nous parla brièvement des Bourgault et de la sculpture religieuse sur bois de Saint-Jean-Port-Joli. Quelques années plus tard, je décidais de m’installer dans ce village aux nombreux sculpteurs et artistes, en pleine révolution de sa vocation, passant de l’œuvre originale et unique à la série de « petits bonshommes », de l’art traditionnel à l’art contemporain, du bois à d’autres matériaux, du Festival de l’artisanat.

Autodidacte, Médard Bourgault fut le premier à tracer la voie de ces sculpteurs sur bois qui feront la renommée de notre village, au siècle dernier. C’est son histoire imprégnée dans sa maison qui est présentée dans le livre « La maison de mon père », racontée par son fils André-Médard Bourgault, en collaboration avec le photographe François Gauthier (265 photos), préfacée de l’historien Michel Lessard et sortie en mai, en tirage limité.

Ce livre qui a demandé sept ans de préparation nous guide au travers des pièces de la maison et du reste de la propriété, nous décrit et nous fait voir les œuvres, objets, meubles, lambris de murs, bas-reliefs, qui portent l’empreinte de l’artiste. Avec précision, détails, anecdotes, on retrouve ainsi tout un pan de notre histoire, l’histoire d’un peuple, des Canadiens français, des scènes de la vie paysanne et champêtre, l’art religieux, le terroir, le folklore et la culture populaire, l’histoire des Bourgault en Nouvelle-France, de sa famille de14 enfants vivant dans cette maison. André-Médard et huit de ses frères et sœurs ont appris la sculpture auprès de Médard, en l’observant travailler, car il était un homme modeste, réservé, de peu de mots. Intarissable, quand il nous parle de son père, on sent l’admiration et l’affection du fils pour cet homme visionnaire, imaginatif, réfléchi et créateur.

Très croyant, Médard Bourgault disait : « Je reproduis dans le bois, ce que Dieu a créé. Tout ce que Dieu a créé n’est que beauté ». Au cours de mes recherches, j’ai noté ce commentaire qui selon moi, décrit l’artiste : « Qu’il s’agisse d’œuvres religieuses, de sujets profanes, de bas-reliefs, partout, en tout, Médard Bourgault sait faire merveille, tant il met de sincérité, de vérité, de personnalité dans tout ce qu’il accomplit. »(1)

Ce musée et les œuvres de ce grand artiste sont-ils en danger présentement? Est-ce que, comme le suggère Michel Lessard, la Municipalité devra s’impliquer pour que cette maison-musée soit inscrite au Registre du patrimoine culturel du Québec afin d’être protégée?

Pour les amateurs (trices) d’art et d’histoire, le livre est disponible au coût de 49,95 $ auprès de M. Bourgault : « La maison de mon père », André-Médard Bourgault avec la collaboration de François Gauthier, Qualigram, 2015.

(1) Quebec History, L’Encyclopédie de l’histoire du Québec, Médard Bourgault, artiste sculpteur, publié en juin 2005.

Ginette Plante

André-Médard Bourgault

Sacré-Coeur, 1938

L'abreuvage des taures, 1932

Figure du Christ, 1948




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