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Tournant missionnaire
par Journal L'Attisée le 2016-12-01


Solennité du Christ-Roi
Grâce et paix à vous, diocésaines et diocésains.
Depuis qu’il est évêque de Rome, le pape François apporte, par son exemple d’abord et par sa parole, un nouvel élan à toute Église. Dans son Exhortation apostolique, intitulée La joie de l’Évangile, il nous partage sa vision de l’Église et il nous invite à redécouvrir la beauté de la mission qui nous a été confiée par le Christ. Il nous rappelle que notre baptême fait de chacun et de chacune de nous des disciples-missionnaires. Des disciples, si nous avons réellement fait la rencontre de Jésus Christ et si nous avons découvert combien nous sommes aimés de Dieu. Des missionnaires, afin de partager le trésor que nous avons trouvé dans l’Évangile, surtout avec ceux et celles qui souffrent, avec les pauvres et les petits, sans oublier les jeunes qui sont à l’âge de découvrir un sens à leur vie.


Au niveau de toute l’Église du Québec et dans notre diocèse de Sainte-Anne, nous avons commencé une démarche afin d’apporter une réponse à l’appel du pape François en vue d’une «?transformation missionnaire de l’Église?». Depuis quelque temps déjà, vous avez pu entendre parler, d’une manière ou d’une autre, du «?tournant missionnaire?» dans lequel notre Église diocésaine s’est engagée. C’est le fruit d’échanges qui ont eu lieu au niveau des divers responsables de l’équipe des Services diocésains et des principaux Conseils qui assistent l’évêque. Cette réflexion s’est poursuivie au cours de forums tenus dans vos Unités pastorales : 900 personnes environ y ont participé. C’est le signe d’un bel intérêt et d’une volonté d’engagement.


Par cette première lettre aujourd’hui, qui sera suivie de quelques autres au cours des prochains mois, je tiens à vous présenter ce qu’implique ce «?tournant missionnaire?» pour les communautés chrétiennes de notre diocèse. Comme vous le savez déjà, ce tournant coïncidera avec des réaménagements pastoraux qui s’imposent en raison de la baisse continue des ressources humaines en pastorale (prêtres, diacres et agent(e)s de pastorale), et aussi en raison de la précarité financière de plusieurs paroisses. Mais nous ne devons pas réduire le «?tournant missionnaire?» à ces réalités. Aurions-nous un nombreux personnel pastoral et des ressources financières abondantes, nous ne pourrions pas ignorer l’appel lancé par le pape François. Plus profondément, il y va de notre fidélité à la mission confiée par le Christ.


C’est tellement vrai, que le «?tournant missionnaire?» dont nous parlons exigera d’abord de notre part une véritable «?conversion missionnaire?». Dans cet esprit, je ne m’attacherai pas ici à vous présenter les différents réaménagements pastoraux. Un feuillet intitulé Un appel à la conversion missionnaire a été préparé dans ce but et il sera disponible bientôt. Aujourd’hui, je tiens surtout à rappeler que ce moment que nous vivons dans l’histoire de notre Église diocésaine fait d’abord appel à toutes nos ressources de croyantes et de croyants. C’est pourquoi je veux partager avec vous trois convictions qui m’habitent :


Notre «?tournant missionnaire?» portera les fruits attendus pour la vie de notre Église, s’il est profondément inspiré par la foi, l’espérance et la charité que nous recevons du Christ. Plusieurs d’entre nous pourront se sentir dérangés, et même bousculés, par les changements qui se préparent. Nous aurons besoin de maintenir le dialogue entre nous coûte que coûte et de renforcer le lien de la charité qui nous unit en Église.


Notre «?tournant missionnaire?» portera les fruits attendus pour la vie de notre Église, s’il est nourri dans la prière personnelle et communautaire. Nous ne devons jamais oublier qu’il ne s’agit pas d’une mission que nous nous donnons, mais d’une mission que nous recevons du Christ et que nous accueillons dans la foi. La première Église est née au Cénacle alors que les apôtres étaient réunis en prière avec Marie, mère de l’Église et notre mère. L’Église n’est pas «?notre?» Église à nous, mais «?son?» Église à lui qui est mort et ressuscité pour nous donner la vie et la donner à toute l’humanité que Dieu aime.


Notre «?tournant missionnaire?» portera les fruits espérés pour la vie de notre Église, s’il est guidé par le souffle de l’Esprit Saint et la lumière de la Parole de Dieu. Nous devrons être dociles à l’Esprit qui est à l’œuvre dans l’Église et apprendre à le reconnaître agissant au cœur du monde. Nous devrons tous nous aider à mieux écouter la Parole de Dieu qui ne cesse de nous appeler à la conversion et qui nous sort de toute forme d’enfermement sur nous-mêmes.


Je compte sur la puissance de l’Esprit Saint pour qu’il soit la force et la lumière de notre Église. Qu’il agisse dans nos cœurs, à chacun et chacune de nous, afin que nous nous avancions résolument et avec confiance dans ce «?tournant missionnaire?» qui sera une «?conversion missionnaire?» et une «?transformation missionnaire?» de notre Église toujours à poursuivre.


En «?communion dans l’Esprit?» (Ph 2, 1), selon ma devise d’évêque, je confie ce beau moment que nous vivons à la prière de nos Sœurs Clarisses et de nos Sœurs Visitandines, à celle des différents groupes de prière de notre diocèse, ainsi qu’à la prière de tous ceux et celles qui ont à cœur la vie de notre Église et la transmission de la foi en Jésus Christ! 


Votre frère évêque,
? Yvon Joseph Moreau



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